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Juin 2010
Naissance ???
Les premiers bébés loups seront-ils fribourgeois,
valaisans ou vaudois ?
Les naissances se multiplient aux
frontières de la Suisse. Et l’annonce d’un heureux évènement dans nos forêts
semble imminente. Reste à savoir où naîtrons nos premières boules de poils.
Cela se passe juste de l’autre côté du lac Léman. A distance à peu
près égale des frontières genevoise et valaisanne. De petites boules de poils
d’un genre bien particulier pointent régulièrement le bout de leur truffe. En
2008, des bébés loups venaient au monde dans la région du
Petit-Bornand-les-Glières, en France voisine. Et de nouvelles naissances
étaient prévues, au même endroit en 2009, avant qu’un garde-chasse ne tire une
louve portant six fœtus.
Cela se passe habituellement à la fin mai, comme c’est encore le
cas, cette année dans le parc du Mercantour (France), où « la surveillance
satellite a montré qu’une louve s’était mise en tanière à la fin mai »,
rapporte le biologiste Jean-Marc Landry.
Ces naissances de petits loups à cinquante kilomètres de Genève,
doublées des preuves de reproduction découvertes dans le parc du Grand
Paradiso, près d’Aoste, en Italie, annoncent l’imminence d’un événement inédit
depuis le XIXème siècle : les jappements du premier bébé loup
« helvète ».
« Si quelque chose se passe en Suisse, c’est maintenant »,
approuve Jean-Marc Landry. L’annonce est en effet attendue par les observateurs
depuis 2002. Elle constituera la phase finale du retour naturel du grand
prédateur dans nos contrées. Un mouvement qui s’effectue un trois temps.
D’abord ce sont les jeunes mâles (d’origine italienne) qui sont revenus, via la
France, à la recherche d’un territoire pour s’établir. Depuis 1995, ils
arrivent sous nos latitudes, et ils sont, à ce stade, un peu plus de vingt à
avoir franchi la frontière suisse.
La deuxième phase a débuté en 2002, avec le débarquement dans nos
contrées de la première louve, qui a franchi la frontière valaisanne au
Simplon, et qui est restée trois ans dans la région. Depuis lors, les analyses
ADN effectuées ont permis de prouver les arrivées de cinq femelles différentes.
Quatre ont tenté leur chance en Valais, et la dernière se promène dans les
cantons de Fribourg et de Berne.
La formation d’un couple, la fameuse meute, constituera la phase
ultime du processus, avec la naissance de petits. Logiquement, cette première
aurait dû intervenir en Valais. « Il y a eu plusieurs rumeurs dans cette
région, mais jamais de confirmation », note le biologiste Jean-Marc Weber,
responsable du suivi des grands prédateurs en Suisse. Le Valais ayant fait fuir
toutes les louves arrivées sur son territoire, les regards se tournent
désormais vers les cantons de Fribourg, de Berne, et, dans une moindre mesure
de Vaud, où pourrait s’être formé un couple. « La présence d’une louve
dans la partie alémanique du canton de Fribourg est assurée, et il est encore
établi qu’un mâle a également visité la région », détaille le préfet
Maurice Ropraz, qui préside le groupe fribourgeois de coordination loup dans le
canton. Pourtant, le doute subsiste à propos de ce « couple » très
observé.
« Durant l’hiver, la louve fribourgeoise a apparemment été
négligée par le mâle, qui a passé l’essentiel de son temps en Valais, poursuit
Jean-Marc Weber. Mais l’animal bouge beaucoup, et il se déplace sur un
territoire qui va des bords du lac de Thoune à Derborence. Il a donc pu la
croiser ».
S’il ne faut pas compter sur les petits pour annoncer leur arrivée
(ils ne sortiront pas de la tanière avant plusieurs semaines), le mâle pourrait
involontairement trahir leur présence. Car il se doit d’être là, en cas de
naissances. « Pendant que la mère allaite, le loup chasse et ramène de la
nourriture qu’il régurgite pour la femelle et, par la suite, pour les
petits », explique Jean-Marc Landry. C’est dire si les analyses ADN,
effectuées après les attaques de troupeaux dans la région du lac Noir, sont
attendues. La présence d’un mâle (celui qui a été repéré ou un autre), aurait
le poids d’un avis de naissance, ces jours-ci à Fribourg.
Article paru dans le Matin
Nous remercions Philippe de Suisse pour nous l'avoir transmis.
Nous leur souhaitons une longue et belle vie.

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